Le chef de file de l’opposition vénézuélienne, Juan Guaidó, a appelé lundi l’armée, clef de voute du système politique et soutien du président Nicolas Maduro, à boycotter les législatives de décembre et à « augmenter la pression internationale » contre le gouvernement.

Lors d’une intervention sur les réseaux sociaux, Juan Guaidó a évoqué un « contrat d’unité » destiné à unifier les forces politiques d’opposition contre le scrutin du 6 décembre et il a appelé les Forces armées à se joindre à ce « pacte ».  

« Nous sommes disposés à nous réunir de nouveau avec tous ceux qu’il faudra pour arriver à une transition » politique, a-t-il affirmé.

Juan Guaidó appelle régulièrement les militaires, et plus particulièrement les officiers de haut rang, à le rejoindre pour évincer Nicolas Maduro qu’il qualifie d’« usurpateur » en raison de la présidentielle « frauduleuse » de 2018 qui a permis au président socialiste de se maintenir au pouvoir.

L’opposant, qui préside le Parlement, s’est proclamé président par intérim du Venezuela le 23 janvier 2019. Il a depuis été reconnu comme tel par près de soixante pays, dont les États-Unis et la France.

Mais ses messages à l’armée sont restés vains et son appel au renversement militaire de Nicolas Maduro le 30 avril 2019 a fait long feu.

Le président vénézuélien jouit du soutien de l’état-major, mais aussi, à l’étranger, de Cuba, de la Chine et de la Russie.

« Cessez de vous cacher dans les jupes du dictateur, cessez de vous voiler la face devant la réalité vénézuélienne ! », a encore lancé Juan Guaidó dans son message à l’armée.

Quelque 37 partis d’opposition soutiennent son appel au boycottage des élections législatives et le « pacte » qui se propose d’« approfondir et augmenter la pression internationale contre la dictature ».  

Le Venezuela fait l’objet d’une série de sanctions internationales. L’administration du président américain Donald Trump a décrété un embargo contre son pétrole, et Nicolas Maduro, ainsi que ses proches collaborateurs, sont sous le coup d’inculpations du ministère américain de la Justice.

Pour autant, d’autres voix au sein de l’opposition vénézuélienne se prononcent pour la participation aux élections législatives, à l’instar de Henrique Capriles. Deux fois candidat malheureux à des élections présidentielles en 2012 et 2013, ce dernier conserve un certain prestige auprès des anti-Maduro.