D’avril à juin 2020, il y a eu 152 cas de morts violentes, dont 114 personnes tuées par balles et 13 autres par armes blanches, issues des violences et actes de criminalités, enregistrés dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, a dénombré la Commission épiscopale nationale Jistis ak Lapè / Justice et Paix (Ce-Jilap) de l’église catholique romaine, dans son 75e rapport d’observation

Parmi les 152 cas de morts violentes, 15 personnes sont décédées dans des accidents de la route, 4 autres lors d’incendies, tandis que la cause de 4 autres cas de décès reste inconnue, souligne la Ce-Jilap, lors de la présentation de son rapport, le jeudi 10 septembre 2020, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

Jean Bernard Marcelin, ancien responsable de l’observatoire-responsabilisation de la Ce-Jilap, évoque des difficultés d’avoir des précisions sur certains cas de décès, car les groupes armés font souvent disparaître les cadavres, pour ne laisser aucune trace dans les quartiers populaires.

La gangstérisation, une gifle pour la démocratie, selon la Ce-Jilap

La fédération des gangs armés, dénommée « G9 en famille et allés », constitue une gifle pour la démocratie en Haïti, condamne la Ce-Jilap.

Les violences et actes de criminalité couvrent, à présent, plus de territoire (beaucoup plus d’espaces) à travers le pays. Les gens ne peuvent pas circuler correctement, il y a plus d’armes à feu en circulation, constate-t-elle.

En 2017, Small Arms Survey a estimé que plus de 291 mille armes sont en circulation en Haïti, cite Jocelyne Colas Noël, directrice nationale de la Ce-Jilap.

Ce chiffre a largement évolué, au niveau de la quantité et de la qualité des armes en circulation dans le pays.

De plus, la nature des actes de violences devient, ces derniers jours, plus révoltante, alerte la Ce-Jilap.

Les habitantes et habitants craignent de se plaindre de la présence des chefs de gangs dans les quartiers, par peur de se faire tuer ou d’être obligés de fuir, déplore la Ce-Jilap.

Des actes de violences sont aussi orchestrés sous le contrôle des mains politiques, économiques et financières.

La Ce-Jilap recommande à l’État de s’engager davantage pour contrecarrer les actes de violence dans les quartiers.

Elle plaide en faveur d’une réforme au niveau de la fonction du commissaire du gouvernement, qui occupe une place centrale pour le bon fonctionnement de la justice.

La fonction de commissaire du gouvernement, près un tribunal civil, devrait devenir un commissaire de la république, avec un mandat défini pour 5 ans renouvelables. Le commissaire de la république devra, plutôt, être responsable par-devant le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (Cspj).